Emission n°121: Cartel land
Emission n°121 CARTEL LAND
le 17/03/16 On ne va pas mourir de rire
USA/Mexique
Social
Nature : Cinéma
Sorti en 2015
Histoire:
Dans un village mexicain du Michoacán, José Mireles, un physicien qui se fait appeler El Doctor, est à la tête d’ « Autodefensas », mouvement populaire contre le redoutable cartel de drogue le « Knights Templar ».
de : M. Heineman
avec : acteurs inconnus de la société civile
et des autorités mexicaines et américaines.
violence : beaucoup - humour : aucun - diffusé sur Canal+ - 22h55
Cote d’amour : 2
Commentaires:
La situation très minée par les cartels de la drogue au Mexique intrigue énormément dans la mesure où elle correspond à une véritable guerre civile plus ou moins déclarée et, en tous les cas, suffisamment meurtrière pour pouvoir même en faire un film qui n’aurait rien à envier aux scénarios les plus élaborés et les plus sombres. Le documentaire social est alors intéressant en ce qu’il nous brosse une réalité plus complexe que la bilatéralité de 2 milieux : celui des cartels et celui de la société civile, blanche et docile. Car, à l’intérieur de celle-ci, se scindent 2 mouvements et donc 2 réactions : celle de la révolte et celle de la résignation. Celle de la révolte est l’apanage de José Mireles, instigateur du mouvement local d’autodéfense et la deuxième refuse de tomber dans la violence considérant qu’elle est le monopole de l’Etat. Le débat public naît alors : doit-on suivre Mireles pour sauver notre peau, sachant que les autorités ne garantissent plus la sécurité de l’état mexicain ? Nous sommes alors plongés au cœur du débat de société : qui a le monopole de la violence légitime si l’Etat ne l’assure plus ? Doit-on encore croire en lui ? L’Etat faible ou compromis peut-il nous protéger, telle est la question. Comme en Colombie qui avait connu sous l’ère des narcotrafiquants un Etat divisé en son sein et ultra-compromis, le Mexique prend non seulement le relais du fléau, mais hérite aussi du problème du contrat social à redéfinir. Hors de l’Etat, des factions paramilitaires s’organisent et le phénomène est bien analysé dans ce film qui n’oublie pas d’étendre son objet aux réactions inverses. Surtout, il dénonce, en fin d’intrigue, somme toute, cinématographique, le paradoxe exécrable des soi-disants défenseurs privés qui utilisent les mêmes armes que ceux auxquels ils s’opposent : trafic de drogue et corruption de la jeunesse. Si l’essai rate le statut du 7ème art en raison d’une composition qui n’est pas assez travaillée en rythme et en images, la synthèse englobe exhaustivement.
Cotes d'appréciation:
Réalisation : 2- Interprétation : 2
Scénario : 2 Affiche : 2-
Dialogues : 3+ Décor : 3
Montage : 3- Photo : 3+
Son : 3 Effets spéciaux : HC
Costumes : 2 Musique : 2