Film n°1217: Prémonitions
FILM n°1217 PREMONITIONS
le 11/09/15
USA
Policier
BUXEROLLES – Méga CGR
Histoire:
Un serial killer sévit à Atlanta, ce qui désempare le FBI. C’est pourquoi, les enquêteurs font appel à un médium retraité: celui-ci induit l’acte d’un meurtrier, médium comme lui et plus doué, qui tue pour euthanasier
de: A. Poyart
avec : A. Hopkins ( J. Clancy ),
C. Farrell ( C. Ambrose ),
A. Cornish ( K. Cowles ),
M. Gerald
violence : beaucoup - humour : aucun - salle : seul dans la salle - tarif :6.20€
Côte d’amour : 3
Commentaires:
Sous les dehors d’un développement d’épisode de série à succès, « Prémonitions » est en fait un film qui tente d’ouvrir le débat sur la légitimité de l’euthanasie. Le don de médiumnité sert cette cause et n’est pas seulement l’outil de pistage impossible ou, du moins, difficile. Prévoir les extrêmes douleurs pour les abréger est possible grâce au don surnaturel du tueur en série qui incarne alors une part d’humanité malgré ses actes jugés odieux par la morale. Ainsi, l’histoire repose sur un postulat relativement discutable pour donner prétexte de vie à une question actuelle et très sérieuse. Les 2 avis sont sur la table : Ambrose, sans crainte et sans vergogne, défend l’acte curatif absolu et Clancy, diamétralement opposé, défend le destin soumis à la volonté divine lors de la scène cruciale les représentant aux côtés du futur malade sous le coup de l’empoisonnement. Comme le combat idéel est sombre, l’univers est glauque et Hollywood sait créer un climat adapté, constamment lugubre à souhait, grâce à des images plongées dans la pénombre comme celle d’une pellicule agonisante qui attend une issue, une lumière délivrante. Certes, ce procédé de trafic d’images est propre à ces oeuvres noires : « Prémonitions » n’a rien inventé, comparé à « Seven » ou au « Silence des agneaux ». Cette fois, contrairement au narcissisme pathologique d’un tueur fou, l’assassin est tout à fait conscient et assume ses responsabilités pour guérir le mal par le mal et exercer une forme d’humanité, voire d’amour ! Sur ce point, le film reste contradictoire : en effet, la lumière, qui intervient au bout de ce si lent tunnel, est celle de la scène finale qui représente Clancy en train d’euthanasier sa fille, atteinte d’une leucémie : l’acte est interprété comme un acte d’amour, alors que le « médecin » défendait le contraire auparavant. Faut-il entendre alors cet acte comme l’obéissance paradoxale à une volonté d’En-Haut ? Le geste éthique n’est donc pas très orthodoxe, mais son sens relève, en tous les cas, du procédé artistique en ce qu’il laisse libre l’interprétation du spectateur, à l’aide d’un jeu contrasté de lumières, propre à la pure représentation.
Cotes d'appréciation:
Réalisation : 3+ Interprétation : 3+
Scénario : 3
Dialogues : 3+ Décor : 3-
Montage : 4 Photo : 5
Son : 3+
Costumes : 3 Musique : 2