Emission n°95: Les Feebles
Emission n°95 LES FEEBLES
le 25/12/14
NOUVELLE-ZELANDE
Satire
Nature : Cinéma
Histoire:
Bletch est un morse qui tient un cabaret avec ses artistes vedettes dont Heidi l’hippopotame qui est follement amoureuse de lui. Mais lui préfère une chatte opportuniste. Trahie et jalouse, Heidi va se venger !...
de : P. Jackson
avec les voix de : M. Hadlow( Heidi/Robert ),
B. Sergent( Trevor ),
P. Vere-Jones ( Bletch )
violence : beaucoup - humour : beaucoup - diffusé sur le site youtube.com à 21h00
Cote d’amour : 4
Commentaires:
Indéniable parodie très satirique, voire cynique, des « Muppets show », les « Feebles » forment l’étroite antithèse des sympathiques marionnettes qui étaient sensées peindre une réalité à l’eau de rose du milieu du théâtre et de l’art. La béate attitude du « tout le monde, il est beau, tout le monde il est gentil » que tendait à exprimer la troupe comique des Muppets, est complètement battue en brèche ( ou plutôt en « Bletch » ! ) afin de démythifier ce que l’on nous vend sur le plan de la scène et même des médias : si les artistes animalisés crachent leurs vices à la face des spectateurs ( symbolique et tragi-comique scène du lapin malade qui vomit sur les planches à la vue de tous, ou encore celle du renard faisant l’éloge de la sodomie ), la plus brillante des caricatures est la mouche journaliste siégeant dans la cuvette des WC ( pour la caractériser comme une mouche-à-merde ! ) et se nourrissant continuellement des excréments ( soit les ragots les plus fielleux qui lui permettront de vivre ). Peter Jackson, en ses débuts essentiellement satiriques ( pensons aussi à « Braindead », satire des films gore de zombies ), n’a pas lésiné sur les moyens qui visent, de bout en bout à noircir le tableau, alors que celui des Muppets est constamment éclairé. Même si la vie privée de nos gentilles marionnettes semblaient innocentes, on sait très bien qu’il n’en est rien et c’est cette réalité des coulisses que Jackson a voulu remuer. Il suffit de penser, par exemple, aux fins tragiques de Jim Morrisson ou, plus récemment, d’Amy Whinehouse aux vies dissolues et à la conclusion létale qu’est l’overdose. Ce ne sont pas les seuls qui en prennent pour leur grade : outre la mouche-à-merde, Bletch, la tête du cabaret, est monstrueux de tromperie en tous genres ( sentimentaux, stratégiques et financières ) afin de manipuler et gagner en pouvoirs. Son régisseur ( le rat affreux ) est un obsédé et ne pense qu’à profiter des jeunes donzelles en fleurs ( la caniche immaculée ) entre 2 films pornos qu’il tourne en cachette, l’éléphant benêt, qui se débine pour éviter de nourrir son rejeton et assumer ses responsabilités, est un aveugle queutard et très généreux libidinalement parlant, le lapin s’adonne à des orgies et est passé à 2 doigts du SIDA à force de se shooter. Dans cet univers scabreux, vient se perdre le crocodile traumatisé à vie par la guerre du Vietnam. Mais si Jackson ne voit que la guérison du mal par le mal ( Heidi fait un massacre meurtrier, ce qui n’est pas sans nous rappeler le « nettoyage social » de De Niro dans « Taxi driver » ), germe, au milieu de cet univers glauque et cendreux, le lys blanc ou, autrement dit, l’intégrité en la personne de Robert, le candide hérisson au destin d’artiste abouti à force d’honnêteté. « The Feebles » fut, finalement, le meilleur moyen pour dépeindre, en critiquant, un milieu social à part entière et dont on ne cesse de voiler l’extrême noirceur qui, tôt ou tard, ressurgit dans les canards salaces !!
Cotes d'appréciation:
Réalisation : 4 Interprétation : 3+
Scénario : 5
Dialogues : 4 Décor : 4-
Montage : 3- Photo : 4
Son : 4-
Costumes : 3+ Musique : 4-