Film n°1184: Kingsman: services secrets

Publié le par egeay

FILM n°1184                                KINGSMAN : SERVICES SECRETS

le 10/03/15                                 Un genre délicieusement renouvelé

ANGLETERRE š  ›

Espionnage

BUXEROLLES – Méga CGR

Histoire:

Kingsman, l’élite du service de renseignements, est à la recherche d’un remplaçant et jette alors son dévolu sur le fils du membre péri, Eggsy. Il s’agit d’arrêter le geek fou Richmond, génie de la nanotechnologie.

de: M. Vaughn

avec : C. Firth ( Galahad ) – S.L Jackson ( Richmond ) – T. Egerton ( Eggsy ) – M. Caine

violence : beaucoup š -   humour : aucun š -   salle : 15% de la salle š -   tarif :5.50€

                                                               Côte d’amour : 4-

 

Commentaires:

Entre cintré et déjanté, ce film d’espionnage se veut moins sérieux qu’un James Bond moyen, fidèle à une BD adaptée, mais fait un clin d’œil certain à la série réussie et en velours des années 70 : « Chapeau melon et bottes de cuir ». « Galahad » en est un digne représentant et continuateur, avec son parapluie et son costume 3 pièces, style qui va inspirer son initié Eggsy. Ainsi, beaucoup de classe et de dextérité, agrémentées d’une pincée de gadgets spéciaux  (pour emprunter le meilleur des 007 ), forment ce « Kingsman » qui allie le meilleur de l’espionnage et le kitsch de la BD plus ou moins triviale, mais aux personnages marquant des traits bien caractérisés : le savant fou, incarné par Jackson, s’apparente maintenant à l’américain populaire ( look de danseur de rue et de hip-hop et table de festin se réduisant à un menu « happy meal » ) pour gagner l’apaisement mystificateur et l’adhésion de tous, mais aussi pour se prendre pour le centre du monde avec le désir vertigineux du pouvoir absolu. Le monstre de l’égocentrisme s’arme donc de culture geek pour y arriver, mais pour faire le pendant aux héros du bien, il apparaît comme le maître et l’expert absolu de l’arme du pouvoir ( de contrôle et de commandement ) de demain : la puce sous-cutanée impulsant à la guerre destructrice de tous contre tous. Ainsi, ce qui est brillant dans le scénario du film est qu’il intègre la problématique de la prise du pouvoir de demain par le moyen nanotechnique et de la personnalisation du mal absolu à travers un être inspiré supérieur survolant le QI de tous, un Steven Jobs maléfique. Sur un sujet de fond, en plein cœur du débat actuel et futur  ( manipuler la population mondiale pour la réduire par son auto-destruction inconsciente ), le produit renferme une densité substantielle remarquable que couvre le dynamisme des acteurs, aidé par l’enchaînement de performances de haut vol que permettent les effets spéciaux. Donc le synopsis est une bombe de pertinence et la forme trouve un équilibre entre raffiné et vulgaire, entre intelligence et contre-intelligence, avec des manipulateurs manipulés ou l’inverse. Le pouvoir, comme toute vérité, est relatif : on ne l’est que dans un certain domaine et par l’addition de celui des autres : la scène inaugurale du film annonçait d’ailleurs la couleur : la victoire au Moyen Orient eut dépendu du sacrifice de l’un des leurs pour étouffer l’explosion. Le pouvoir est donc une affaire fragile, comme celui que ce même film pourrait exercer sur nos consciences : croit-il lui-même en ce qu’il dénonce à force de le galvauder et d’en caricaturer les conséquences ? L’ensemble perd en réalisme, comme le héros survivant à toutes les attaques et à toutes les mitrailles. Que tente de défendre alors cette réalisation ? Il ne faut pas sous-estimer le potentiel de ceux que l’on classifie comme « petites gens » : il peut en sortir le gratin. En somme, le film est une défense de la « discrimination positive », celle qui consiste à faire confiance à ceux que l’on serait amené à abandonner sans en considérer l’apport bénéfique, même au plus haut niveau. Globalement, c’est donc le genre populaire qui est valorisé et porté aux nues, dans la mesure où le corps d’élites peut avoir aussi ses défaillances et que le peuple peut détenir aussi ses forces insoupçonnées. Le propos n’est donc pas bilatéralement frontal, mais duel : en chacun de nous, quelle que soit la classification sociale, il y a force et faiblesse, que ce soit sur le plan mental ou que ce soit sur le plan physique. En ce sens le film démythifie sans concession la toute-puissance ou la toute-faiblesse. Même les élites peuvent s’illusionner, puce ou non !!

 

Cotes d'appréciation:

Réalisation :  4                          Interprétation :      3+                        

Scénario :     4                           Affiche :                3

Dialogues :   4                           Décor :                 3                                    

Montage :     4                           Photo :                  5                          

Son :             4                           Effets spéciaux :   4-

Costumes :   4                            Musique :             3+                        

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Publié dans ciné

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