Investigation 3.1: Critique de l'avortement
Enquête n°3 sur l’avortement - le 23/11/16
Constat:
Pour légitimer l’avortement, l’argument fort consiste à défendre le droit de la femme à utiliser son propre corps, considérant que celui-ci se prolonge au fœtus dont l’état ne franchit pas un certain plafond intra-utérin : jusqu’à la fin de la 12ème semaine de grossesse, en France, par exemple.
Problème:
Outre la fixation arbitraire et seulement conventionnelle de l’âge-limite du fœtus à partir duquel on le considère comme une simple excroissance ovarienne, la défense de l’avortement souffre d’un paradoxe compromettant :
Certes, à l’instar de l’homme, la femme a le droit d’utiliser son propre corps, mais celui-ci aurait pu périr et être atteint dans son avènement sous l’effet de l’aspiration du tube d’un médecin avorteur !
C'est dénoncer alors que l'argument des défenseurs de l'avortement, qui repose sur le droit d'user de son propre corps, est contradictoire ou paradoxal lui-même dans la mesure où il consiste à défendre l'avortement au nom de l'usage du corps dont il légitime pourtant la suppression radicale et donc le non-usage ?!
Même s'il faut distinguer le corps de la femme et celui en germe depuis sa fécondation, légitimer la suppression radicale d'un corps ( même en germe et dépourvu de conscience, si tant est nous étions tentés de le concevoir ainsi ) comprendrait aussi la suppression du corps d'un être féminin échappant à tout usage, procréatif notamment!, dont on ne permettrait pas non seulement l'accès à la conscience, mais aussi l'accès à son processus de développement vital.
Résultat temporaire:
La femme, comme tout être humain d’ailleurs, a usage et disposition présente de son propre corps si et seulement si celui-ci, à l’état fœtal ( quel que soit l’avancée intra-utérine ), n’a pas été bafoué ou nié dans ses droits par une quelconque méthode abortive.
Autrement dit, si la femme a l’usage et le pouvoir sur son corps, c’est que celui-ci est advenu, existe et est respecté, dès les premiers instants durant lesquels il a échappé à toute tentative abortive.
Il s’agit aussi de préciser que nous parlons du corps préservé, ( notre premier bien comme le concevait si justement Locke ), quel que soit l’état de conscience humaine que ce corps porte, bien que celui-ci soit la condition première et sine qua non de l’avènement de la seconde.
L’autre conséquence de ce raisonnement est que le droit fondamental de l’être humain, à commencer de la femme, n’est pas d’avorter, ce qui contreviendrait au droit universel de l’homme à pouvoir advenir, ce qui signifie à pouvoir garantir la croissance et la préservation de son corps comme sa condition fondamentale de vie et d’avènement.
Le droit fondamental de la femme, comme de l’homme, revient alors à pouvoir échapper à toute tentative négatrice d’avortement, ce qui lui permet d’advenir.
Autrement dit, nous sommes tous les enfants du non-avortement !