Film n°1256: Vendeur
FILM n°1256 VENDEUR
le 12/05/16 Melki, on achète !
FRANCE
Drame
BUXEROLLES – Méga CGR
Histoire:
Vendeur-expert de cuisines, Serge garantit à ses employeurs une rentabilité immédiate et spectaculaire. Gérald, son fils, fin cuistot, veut que son père le forme à la vente pour financer son restaurant.
de: S. Desclous
avec : G. Melki ( Serge ),
P. Marmai ( Gérald ),
P. Elso ( Daniel ),
C. Poidatz ( Karole )
violence : un peu - humour : aucun - salle : 3 dans la salle - tarif :6.30€
Côte d’amour : 3+
Commentaires:
Ayant fait ses preuves de rusé renard investisseur de l’équipe consacrée de la série « La vérité si je mens », Melki est de la trempe des grands menteurs propres à nous faire avaler une couleuvre ! Il traîne et exporte donc cette image dans ce long métrage taillé sur mesure pour sa « petite » personne. En fait, dès les premiers instants du film, il crève l’écran et son allure de vieux routard du métier le plus commercialement difficile, à savoir celui de vendre des cuisines, lui donne un surcroît de bouteille et de poids. L’image reflète donc l’expertise, mais ne s’arrête pas là : elle tente de percer le décor pour autopsier le personnage au bord de la rupture physique et psychologique, ce qui fait de lui un malade caché : malade social puisqu’à force de se sacrifier pour son boulot, il a créé sa propre bulle de travailleur autonome surmontant sa solitude par d’aléatoires compagnies féminines monnayées et en détruisant sa santé par la cocaïne visant à combler son déséquilibre de mâle affaibli. On comprend alors qu’il ne souhaite pas ce destin à son fils qu’il veut préserver de l’enfer glauque et glacial des préfabriqués industriels et commerciaux l’amenant à une sorte de marginalisation sociale compromettant pour son couple. Le fin connaisseur se change alors en agent humanitaire. Cependant, le film a l’intelligence de dévoiler la véritable disposition du vendeur : celui de se remettre perpétuellement en cause, ce que Serge accomplira à merveille quand il devra modifier l’image et la conception du bonheur qui appartiennent à son fils seulement et non pas à lui. Son fils lui-même ne lui facilite pas la tâche, mais ainsi, malgré un cadre commercial hiératique, nous découvrons les soubresauts de la vie mentale d’un vendeur digne de ce nom en ce sens qu’il sait s’adapter à l’évolution que l’on demande de lui, c’est-à-dire à la réalité muable des désirs des autres, pour réussir non seulement professionnellement, mais aussi socialement. La réalisation de Desclous est finalement + subtile qu’elle n’y paraît, traitant ainsi pleinement le concept du vendeur en n’hésitant pas à utiliser pour cela la distinction du vrai commercial avec le non-vendeur dans l’âme, fonction incarnée par le fils bien plus entêté. La pertinence du propos atteint explicitement son paroxysme, de la bouche héros vendeur quand celui-ci justifie cette opposition de nature par une différence essentielle d'appartenance à un "monde" social et mental. La différence entre les hommes, que l'on confond bien souvent à tort avec l'inégalité sociale, proviendrait alors de l'appartenance à des sphères elles-mêmes différentes. Brillante idée qui étoffe la profondeur du personnage principal.
Cotes d'appréciation:
Réalisation : 3- Interprétation : 4
Scénario : 3+ Affiche : 3+
Dialogues : 4- Décor : 3
Montage : 3+ Photo : 4-
Son : 3 Effets spéciaux : HC
Costumes : 3+ Musique : 3+