Film n°1231: A vif!
FILM n°1231 A VIF !
le 23/11/15
USA
Drame
BUXEROLLES – Méga CGR
Histoire:
Adam Jones est reconnu comme un très grand de la gastronomie après sa 2ème étoile au guide Michelin. Il en brigue une 3ème et, pour cela, se fait embaucher dans un restaurant londonien pour son galon !
de: J. Wells
avec : B. Cooper ( A. Jones ),
S. Miller ( Hélène ),
D. Brühl ( Tony ),
O. Sy ( Michel )
violence : un peu - humour : aucun - salle : 15 % de la salle - tarif :6.00€
Côte d’amour : 3+
Commentaires:
Dans l’air du temps, « A vif ! » se présente comme une application cinématographique des émissions portées sur la spéculation culinaire avec tout ce que celle-ci contient d’exigences en vue de la réussite, et plus précisément, de la haute performance : il s’agit toujours d’être le premier. Le pompon télévisuel est le titre pompeux de « Masterchef » ; le grade dans la réalité du milieu gastronomique est la 3ème étoile dans le guide Michelin ! Ainsi, le Graal est bien défini pour celui qui aspire à devenir le Pape des fourneaux haut de gamme. Dans la trame hollywoodienne, on commence par les premiers ingrédients : un déchu, doté des talents appelés à le placer au sommet des toques de grands chefs, a tout compris aux recettes de la réussite : « arrogance » pour se démarquer et se positionner en maître ( sinon il stagne comme le timide commis de cuisine trop docile et révérencieux ) et « continuité dans la performance » dont la régularité conditionne l’avènement du triomphe. A côté de notre Don Quichotte de « la plancha », nécessairement une hiérarchie se distingue entre les émules et ceux qui n’ont pas inventé le couteau à couper le beurre : dans le même pot, les morceaux tendres et distingués contrastent avec les fayots. Nécessairement aussi, le Maître de la communauté doit savoir recruter et s’entourer pour assurer son propre succès qui dialectiquement est pensable par une leçon de l’échec né de la trahison d’un Judas. Ainsi, la mayonnaise prend à partir d’une communauté humaine choisie ( groupe de disciples ) et affinée par une sélection supplémentaire portant sur un effectif soumis à l’essai. En fait, Wells nous sert un plat bien mijoté dans le pot social entre les maîtres gagneurs et les valets qu’il s’agit d’écrémer pour progresser et se transcender. En fait, le vase clos de l’arrière-cuisine est une peinture sociale dans laquelle les véritables maîtres sont intelligents à force de rédemption d’eux-mêmes et des autres en discernant le bien du mal, puis le bien du meilleur trop ponctuel et inadapté à la réalité humaine. Finalement, la moralité du film correspond à messianisme rédempteur et christique ( choix des disciples et acceptation de son contraire pour se définir comme son maître et s’en défaire ) qui est ainsi galvaudé, dilué est-il dans la sauce épaisse de Top Chef, celle d’une personnalité reconnue pour sa seule réussite socio-économique, la raison spirituelle pouvant provoquer la crise de foi(e) !
Cotes d'appréciation:
Réalisation : 3+ Interprétation : 3+
Scénario : 4-
Dialogues : 4- Décor : 3
Montage : 4- Photo : 4
Son : 3
Costumes : 3+ Musique : 3-