Film n°1223: Fou d'amour

Publié le par egeay

FILM n°1223        FOU   D’AMOUR                                                         

le 11/10/15           Un curé de compagnes ›

  FRANCE                                 š                          

  Tragédie

  MONCOUTANT – Le Stella                                   

Histoire:

En 1959, un prêtre, du diocèse de Lyon, est guillotiné car accusé d’un double meurtre: celui de son amante et de son bébé intra-utérin. Curé de campagne admiré et amant bien entouré, il semblait vivre serein.

 de: P. Ramos  

avec : M. Poupaud ( Le Curé ),

          D. Blanc  ( Armance ),

          D. Rouxel ( Rose  ),

          J-F. Stévenin ( le curé de Mantaille )

violence :    un peu     - š    humour :   un peu    - š   salle : seul dans la salle š -   tarif :6.90€ 

                                                      Côte d’amour : 4

Commentaires:

Tiré d’une histoire vraie, celle du curé d’Uruffe, le film en est une synthèse réussie, bénéficiant, à la base, d’une écriture très orientée et très descriptive : la caméra suit et balaye la campagne sous-alpine au gré des balades en vélo de son cycliste en soutane. C’est alors l’occasion, pour le réalisateur, de se faire plaisir, en captant la nature verte et fraîche, légèrement vallonnée, au moyen de cadrages calculés au millimètre près et de plans d’ensemble, alternant avec des zooms, surtout quand le prêtre est en mouvement, et des plans rapprochés, effets d’un premier ciblage. Remarquons que la France des années 50/60 est respectée dans sa physionomie, celle d’une nature généreuse et encore préservée, alluviale, au milieu de laquelle coule le petit ruisseau. La mentalité d’époque est aussi fidèle à la décennie : l’entourage familier de clocher suit l’autorité des lieux, à savoir le prêtre, et forme une communauté qui ne souffrait point de préoccupations contraceptives ou de maladies vénériennes. Il est clair que Ramos veut rendre avant tout saillante la nature, non seulement du décor et du contexte, mais aussi celle infra-rationnelle du personnage principal qui devrait pourtant la réprimer par un Surmoi certain et très religieux. Chutant dans la lubricité la plus totale et, donc, dans la débauche planquée ( au fin fond de la France profonde enfouie dans ses pâturages ), notre curé défroqué  (au sens le moins noble du terme ! ) semble trouver son équilibre, celui d’un homme à la sexualité qui n’a rien à voir avec celle d’un clerc, voire même d’un fidèle croyant. Certes, la chair est faible, mais, tel un Don Juan improvisé, le curé de campagne aligne les conquêtes et même les mineures  (son amante de 19 ans l’était en 1959 ), malgré son efficace pédagogie par ailleurs. Adaptant l’essentiel de l’affaire historique, nous assistons à la fin tragique d’un homme, même de foi, conséquence de son aveuglément passionnel et irresponsable ayant provoqué une situation qu’il ne maîtrisait plus ( il demande même à son amante d’avorter ). Le cinéaste traite alors de l’impossible dialectique entre la théorie  (canonique ) et la pratique d’une vie loin des sphères intellectuelles et proche d’une certaine  « innocence ».

Cotes d'appréciation:

Réalisation :  4                          Interprétation :    4                                   

Scénario :     4                           Affiche :              3+

Dialogues :   4                          Décor :                 5                                    

Montage :     3                          Photo :                 5                          

Son :             3+                       Effets spéciaux :  HC

Costumes :   3+                        Musique :             3+                        

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Publié dans ciné

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