Film n°1221: Sicario
FILM n°1221 SICARIO
le 07/10/15
USA
Policier
BUXEROLLES – Méga CGR
Histoire:
Un cartel mexicain commet des meurtres sur le sol américain à proximité de la frontière mexicaine. Un groupe d’intervention d’élite, accompagné d’une agente idéaliste du FBI, décide de réprimer le chef du cartel
de: D. Villeneuve
avec : B. Del Toro ( Alejandro ),
E. Blunt ( Kate ),
J. Brolin ( M. Graver ),
J. Bernthal ( Ted )
violence : beaucoup - humour : aucun - salle : 30 % de la salle - tarif :6.20€
Côte d’amour : 4
Commentaires:
Les premiers propos du film nous apprennent que « Sicario » provient étymologiquement de « sicaire », terme d’origine juive et même zélote provenant lui-même de « sica », une épée courte. « Sicaire » désignait l’indépendantiste juif prêt à éliminer l’occupant romain. Le terme, repris dans la langue hispanique, désignait, quant à lui, le tueur à gages du cartel de Medellin et donc d’Escobar, en Colombie, sachant que le portrait-robot du « sicario » était un jeune adolescent payé au SMIC local pour accomplir les basses œuvres. Le film fait généreusement référence à cette fonction dans la mesure où le « vengeur masqué » en collaboration avec les justiciers américains a hérité bien volontairement du titre car il prétend aussi être d’origine colombienne : en fait, il souhaite s’offrir la tête du puissant chef du cartel mexicain puisque celui-ci a commandité et provoqué la mort atroce de sa femme et de fille. Surtout, le film met très bien en scène et en confrontation le pragmatisme des routards de la justice pratique et l’idéalisme fuyant des novices fraîchement formées de la justice américaine. Le respect de celle-ci serait impuissant à tarir la source des malheurs aux USA car elle ne pourrait s’exercer sur un territoire étranger soumis à une autre juridiction en raison de la défense de sa propre intégrité. Alors la justice, probablement inspirée de l’art de la guerre de Sun Tzu, consiste à laisser libre cours à l’antagonisme des ennemis et à leur élimination mutuelle. C’est du pur réalisme ne croyant qu’à la force quand la justice théorique ne peut la conjurer. La démonstration est claire et très bien illustrée même si le cinéma permet illusoirement de forcer les verrous. La question est nécessairement induite : comment exercer une justice de droits dans des domaines où seule la force a le monopole de l’existence ? Le refuge dans la théorie s’avère bien démissionnaire et inopérante. A méditer.
Cotes d'appréciation:
Réalisation : 4- Interprétation : 4
Scénario : 5
Dialogues : 4 Décor : 4-
Montage : 3+ Photo : 4
Son : 4
Costumes : 4- Musique : 3+