Emission n°98: Quai d'Orsay

Publié le par egeay

Emission n°98        QUAI  D’ORSAY                                                                          

le  11/01/15            "Quand les coulisses du pouvoir nous sont contées"

  FRANCE             š   

  Comédie

  Nature : Cinéma 

  Sorti en 2013  

Histoire:    

Le jeune Arthur Vlaminck, fraîchement sorti diplômé de l’ENA, est recruté en tant que chargé de communication au ministère des Affaires étrangères. Ainsi, il doit écrire les discours ampoulés du ministre !...

de :  B. Tavernier                                                                   

avec :  T. Lhermitte ( le Ministre ),

            R. Personnaz ( A. Vlaminck ),

            ;N. Arestrup ( C. Maupas )

violence :  aucune    - š   humour :  un peu     -š    diffusé sur Canal+ cinéma à 20h55

                                                      Cote d’amour : 3

Commentaires:

Après l’exploration de la caste dirigeante de la cour du roi par P. Leconte lors de son « Ridicule », B. Tavernier porte ses investigations sur celle des Affaires Etrangères. A l’instar du contenu de la première référence cinématographique évoquée, le réalisateur porte ses attentions sur le regard d’abord candide d’un « élu » de l’élite encore inexpérimenté qui devra très vite, néanmoins, s’adapter au langage vernaculaire du vase clos, lui qui provient d’un milieu social relativement modeste : celui de la classe moyenne et d’un langage usuel et policé, c’est-à-dire celui d’une culture symbolisée par sa jeune partenaire prof de lettres. Ainsi, le film insiste sur la possession d’un langage de choix en ce sens que celui-ci est le véritable instrument politique dans la mesure où l’expression du mot exprime l’ascendance de celui qui le choisit et décide ainsi pour les autres ! Cependant, Tavernier nuance en montrant la lourde machine administrative française, diluée ou émiettée en multiples rouages et services, voire même en sous-services. C’est pourquoi, Vlaminck navigue dans un dédale de couloirs et de bureaux de conseillers hiérarchiquement divisés. Ainsi, la caméra trouve le prétexte de capturer de somptueux cadres et décors propres au milieu ministériel qui veut afficher son excellence. En cela, Tavernier réussit une remarquable peinture ne s’épargnant aucun recoin spatial ni aucune couleur « royale » pour caractériser cette trop longue chaîne administrative. Cette division du travail et des services ne favorise pas donc pas l’accord des violons et demande, pour un esprit de synthèse, tel celui de Vlaminck, un travail acharné dont le perfectionnement n’est jamais acquis ou, du moins, n’est jamais à la hauteur de celui qui veut en être la tête. Tavernier réussit donc une véritable immersion dans le monde du pouvoir politique, paralysé par les désaccords nés de la division du travail et par la volonté de pouvoir. Finalement, celui-ci s’y perd si bien que l’administration française ne sert plus que de planque à certains et guère à la majorité des français. Bienheureux, les planqués n’ont plus qu’à roucouler leurs futiles grivoiseries pour tuer le temps, à l’exemple du responsable de service incarné par T. Frémont. Cependant, malgré le déploiement éloquent des grands moyens, l’humour satirique, voire acerbe, se cherche.

Cotes d'appréciation:

Réalisation : 3+                         Interprétation :   3+                         

Scénario :     4                           Affiche :             4-

Dialogues :   4-                         Décor :               4                            

Montage :     4                          Photo :                3+                          

Son :            3+                         Effets spéciaux : HC

Costumes :   4-                         Musique :            3+                          

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