Film n°1200: Taxi Téhéran

Publié le par egeay

FILM n°1200                                          TAXI   TEHERAN                                              le 24/05/15

  IRAN                                 š              Légitime manipulation ? ›                            

  Drame socio-politique

  POITIERS – TAP Cinéma                                       

Histoire:

Installé au volant de son taxi, improvisant la fonction professionnelle, Jafar Panahi sillonne quelques voies de Téhéran. Ainsi, le réalisateur nous brosse le portrait des habitants de la capitale et leurs mentalités

 de et avec : J. Panahi ( dans son propre rôle improvisant un chauffeur de taxi )

et : [ non communiqué et non communicable ]  

violence :     un peu       - š    humour :    aucun    š-    salle :  25% de la salle š -   tarif :7.50€ 

                                                      Côte d’amour : 3+

 

Commentaires:

Film conçu comme un coup de poing contre la censure des autorités iraniennes qui se veulent omniprésentes par une surveillance de tous les instants, « Taxi Téhéran » a d’abord un sens socio-politique fort. Forcé déjà lui-même à se taire depuis 2010 jusqu’à être condamné à la prison, Panahi camoufle sa contre-attaque par des caméras cachées dans son véhicule. Pour mettre en scène la société iranienne, il a trouvé cette ruse, ce qui donne lieu à de très réussies perspectives ou vues en contreplongée. Ainsi, guère de champs-contrechamps sont effectués alors que des situations propices pouvaient les favoriser : par exemple, descendre l’accidenté agonisant du point de vue de l’angle de la caméra introduite dans la voiture et voir celui-ci remorqué suivant un angle de vue de l’extérieur de la portière n'ont pu être possibles. Panahi a donc mieux fait de planquer les caméras, déjà que bon nombre de ses « clients » l’avaient démasqué. D’ailleurs, c’est en sortant du véhicule pour couvrir sa nièce désireuse de filmer son petit montage qu’il se fait prendre : ce constat dénonçant l’emprise des autorités n’a pu être possible que par un hors-champ depuis sa caisse. Le triste dénouement se solde par une image opaque, puis par l’aveu accusateur d’un non-générique. Ainsi le film au message très fort a du séduire le jury du festival de Berlin lui attribuant l’Ours d’or. En tant que véritable artiste, Panahi a fait preuve d’une indéniable adresse de cinéaste très technicien et qui, plus est, très courageux, 2 vertus qui permettent de reconnaître la nature même de l’artiste. Cependant, ce tour de force comporte des faiblesses et brûle des étapes. De la société iranienne, nous n’en avons qu’un modeste échantillon. Certes, nous comprenons que derrière les carcans de la tradition, les iraniens se sont largement modernisés et peuvent aspirer maintenant à l’évolution de leurs propres droits. Mais leur spontanéité est à mettre en doute : sont-ils innocents du procédé de Panahi et ainsi reflètent-ils une pure image des citoyens réels, se livrant sans retenue ? Ou sont-ils mis en scène par le rusé renard à l’air manifestement malicieux ? Le produit sent la prestidigitation et plus c’est rapide, plus c’est lapidaire. A la place d’une élémentaire propédeutique, nous sommes embarqués dans un dynamique vécu comme un « caca nerveux ». Faute d’avoir été préparé à ce type de transport, les spectateurs présents à la séance n’ont d’ailleurs pas compris le choc final, attendant le générique de fin. Panahi est bien un iranien de pouvoir ( sur les  consciences, du mois ) : il adopte la stratégie du choc pour susciter l’émotion plutôt que la réflexion. Celle-ci n’est d’ailleurs pas la substantifique moelle du film : les faits et superstitions ( des mamies ) règnent tout de long. On ne peut chasser un naturel qui persiste à courir au galop...

 

Cotes d'appréciation:

Réalisation : 3-                         Interprétation :      3+                        

Scénario :     3+                        Affiche :                3

Dialogues :   4                          Décor :                  3                                    

Montage :     4-                         Photo :                  4                          

Son :             4                          Effets spéciaux : HC

Costumes :   3                          Musique :            HC                        

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Publié dans ciné

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