Emission n°87: Pièce montée
Emission n°87 PIECE MONTEE
le 04/09/14
FRANCE
Comédie dramatique
Nature : Cinéma
Histoire:
Bérengère et Vincent se marient lors d’une noce qui va rassembler des strates de générations. L’événement va vite tourner à l’heure de vérité et les faux-semblants se déchirent devant de nombreux aveux
de : D. Granier-Deferre
avec : J. Renier ( Vincent ),
J-P. Marielle ( Victor ),
D. Darrieux ( Madeleine ),
C. Poésy
violence : aucune - humour : un peu - diffusé sur France 3 à 20h45
Cote d’amour : 2-
Commentaires:
Si le décor est joliment planté, les échanges et réflexions distillés tout au long du film nous plantent aussi. Mais il faut prendre l’expression dans son sens le plus banal et non avec le piquant d’arrières-pensées ironiques qui font mouche, telles celles qui pavent le sol des monuments cinématographiques d’un Bertrand Blier par exemple. Ici, les réflexions sont cadrées dans un contexte relationnel particulier qui, non sans exception ou hasard, plombe l’atmosphère d’un mariage. En cela, la démonstration est réaliste et vise probablement à dénoncer une cérémonie qui peut tourner au cataclysme. Par exemple, le prêtre refuse de continuer la cérémonie religieuse et coupe court à son office. Or, soit il la réalise ou soit il s’en exempte ! Ainsi le mariage sert de prétexte bien mal choisi, amené à imploser une famille et son réseau. Le scénario n’avait donc qu’à puiser son inspiration à l'intérieur d'une réalité sociale plausible, bien que le Surmoi d’un inconscient collectif peinerait à dégoupiller sa grenade. Les non-dits laisseraient place à l’évitement d’un clan familial par rapport à un autre par respect de la procédure sacrée. Si le mariage est dénoncé comme une affaire « montée », comme le fruit d’une tradition qui visait, comme l’avait traité Lévi-Strauss, à s’épargner les querelles et conflits de clans, elle ne semble rien avoir de naturel, ce qui légitimerait d’une part l’union libre et, d’autre part, son inefficacité à pacifier des communautés différentes. La démythification, habilement symbolisée au départ par une « pièce » qui se démonte et s’atomise en ses éléments, omet l’authentification.
Cotes d'appréciation:
Réalisation : 1 Interprétation : 3-
Scénario : 1+
Dialogues : 3 Décor : 3+
Montage : 2 Photo : 3
Son : 3
Costumes : 3+ Musique : 3-