Film n°1152: Elle l'adore
FILM n°1152 ELLE L’ADORE le 26/09/14 La groupie « du pianiste » au cinéma
FRANCE
Drame policier
BUXEROLLES – Méga CGR
Histoire:
Muriel est une esthéticienne, éperdument groupie de Victor Lacroix, chanteur de charme. Un soir, celui-ci sonne à sa porte pour lui demander d’envoyer à l’incinération sa femme morte. Muriel accepte la chose
de: J. Herry
avec : S. Kiberlain ( Muriel ) – L. Lafitte ( V. Lacroix ) – P. Demolon ( Antoine ) – O. Côte
violence : un peu - humour : aucun - salle : 2% de la salle - tarif :8.90€
Côte d’amour : 4
Commentaires:
Evoquée en chanson, la groupie du pianiste méritait à son tour son long métrage pour l’adouber. Elle, l’ombre de la vedette, passe alors sous les feux des projecteurs. Déjà considérée comme un objet à fric, une vache à lait prisonnière de ses illusions, une naïve exploitée et soumise à la mythification d’un humain comme les autres, la groupie, version Herry, n’échappe pas à sa nature et à sa réputation. Elle y reste objet de manipulation, tant que la star a suffisamment de possession ou de pouvoir sur sa conscience. Le film en est une digne illustration : la groupie, remarquablement incarnée par Sandrine Kiberlain, en pleine possession de ses moyens et de son meilleur jeu, se leurre elle-même, ayant pourtant l’habitude de leurrer les autres par des petits mensonges sans importance, comme quoi tout le monde passe au crible de ses passions. La manipulation de la star envers sa groupie tombe même dans le cynisme le plus scabreux quand il s’agit d’aller incinérer le corps défunt. La soumission de la jeune proie fascinée va même jusqu’à ce point. Si sa fascination passionnelle la tient, c’est qu’elle lui demande ensuite sa peau. Et effet de la passion connue : le sort se retourne contre elle. Elle est l’objet, cette fois, d’une enquête et poursuite judiciaire. La vedette maîtresse a réussi à assurer son mauvais coup. D’un jeune talent qui commence à s’affirmer, Herry noircit très intelligemment le tableau, en plus d’assombrir considérablement le visage du responsable de l’homicide involontaire. Il attrape un air ténébreux et le temps devient gris obscur. Herry synchronise la forme au fond sans exploiter, cette fois la conscience du spectateur. Elle ouvre un débat et donc une réflexion : faut-il aller au bout ses passions et illusions jusqu’à la servitude et mort de notre conscience ? La conscience se révèle quand elle est acculée à repousser le danger. La groupie finit par suivre la raison de son avocat qui la place face à ses mensonges. Sa conscience se réifie et prend possession de son objet, tant à la merci des autres. Le film devient donc l’illustration d’une ascension morale et d’une responsabilisation négative ( elle se déresponsabilise avec justice ) par rapport à une situation qui n’en avait pas : la star n’a pas voulu tuer sa compagne et ne pouvait pas s’en rendre responsable auprès des autorités. Compréhensible.
Réalisation : 3+ Interprétation : 4
Scénario : 4- Affiche : 4-
Dialogues : 4 Décor : 3
Montage : 3 Photo : 3+
Son : 3+ Effets spéciaux : HC
Costumes : 3 Musique : 3